Ce qu’il faut savoir
Le Parti congolais du travail, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, a clôturé son VIe congrès ordinaire par une série de nominations censées muscler son organisation avant la présidentielle de mars 2026. La promotion de Katia Mounthault-Tatu en est le symbole.
La nouvelle secrétaire permanente aux relations extérieures et à la coopération, issue du secteur pétrolier, aura pour tâche de renforcer l’ancrage international du parti et de multiplier les partenariats qui pourront soutenir la candidature du président Denis Sassou Nguesso, officiellement investi par les 3 000 délégués.
Une nomination stratégique pour 2026
Dans les coulisses du palais des congrès, plusieurs cadres saluent « une femme de dossiers, habituée aux tables de négociation ». Son expérience chez Chevron, soulignent-ils, apporte au PCT un carnet d’adresses précieux pour attirer investisseurs et bailleurs avant la séquence électorale décisive.
Pierre Moussa, reconduit comme secrétaire général, résume le choix : « Nous renforçons notre diplomatie partisane pour sécuriser l’avenir ». Le mot d’ordre est clair : maintenir la stabilité politique en multipliant les alliances régionales, atout que la nouvelle venue est chargée d’activer.
Le parcours singulier de Katia Mounthault-Tatu
Née à Pointe-Noire dans une famille engagée, Katia Mounthault-Tatu a grandi entre raffineries et bibliothèques. Son père, Hilaire Mounthault, ancien ministre d’État, lui a légué la culture du service public. Elle, l’a enrichie d’une solide formation en commerce international et en communication.
Responsable des relations institutionnelles de Chevron pendant dix ans, elle a négocié plusieurs protocoles gagnant-gagnant entre l’État et les majors. Parallèlement, sa fondation Horizon a financé des bourses pour étudiantes et soutenu des ateliers de cinéma, comme le documentaire « Jeunes 242 » projeté en décembre dernier.
Le film brosse le portrait de trente jeunes Congolais, artisans, développeurs, agriculteurs ou rappeurs, tous mobilisés pour le progrès national. Le succès de la projection brazzavilloise a confirmé son intuition : la jeunesse demeure le socle d’une campagne présidentielle tournée vers l’espoir.
Diplomatie partisane et coopération Sud-Sud
Au siège du parti, on explique que la mission première de la nouvelle secrétaire sera de réactiver les réseaux historiques du PCT en Afrique centrale et auprès des BRICS. Objectif : partager l’expérience congolaise en matière de paix et attirer des investissements compatibles avec le Plan national de développement.
Les premières tournées extérieures sont attendues au printemps, à Abuja puis à Pékin, selon un agenda interne consulté par nos soins. « La crédibilité économique précède la victoire électorale », glisse un membre du bureau politique se réjouissant d’une stratégie « proactive ».
Infographie : la nouvelle équipe dirigeante du PCT
L’infographie publiée sur notre site retrace la composition du comité central (775 membres), du bureau politique (75) et du secrétariat permanent (9). On y voit l’équilibre recherché : expérience, jeunesse et représentation féminine portée à 35 %, un record interne salué par les observateurs.
Mounthault-Tatu y figure aux côtés d’anciens ministres tels que Firmin Ayessa et Juste Ibombo, confirmant la volonté de mixer parcours public et privé. Cette pluralité devrait, selon les analystes, faciliter la cohérence du programme présidentiel actuellement en cours de finalisation.
Impact sur la campagne présidentielle 2026
Au sein de l’équipe de campagne, on estime que la nomination envoie un message rassurant aux capitales étrangères : Brazzaville reste un partenaire fiable et ouvert. Pour la base militante, elle illustre la place croissante donnée aux femmes, enjeu clé pour mobiliser les primo-votants urbains.
Un sondage interne, réalisé début janvier, crédite déjà la majorité présidentielle de 62 % d’intentions de vote, soit quatre points de plus qu’en novembre. Les communicants l’attribuent, en partie, au « renouveau méthodique » incarné par les recrues du secrétariat permanent.
À retenir
Katia Mounthault-Tatu apporte au PCT une expertise internationale rare et une proximité avec la jeunesse culturelle. Sa nomination conforte la ligne présidentielle : stabilité, ouverture économique et inclusion. Le congrès marque ainsi un jalon crucial dans la préparation du scrutin du 20 mars 2026.
Que faire concrètement ?
Les électeurs intéressés peuvent dès à présent consulter le site de la Commission électorale pour vérifier leur inscription, tandis que les associations partenaires d’Horizon préparent des ateliers civiques dans les lycées. Objectif : transformer l’élan du congrès en participation massive, y compris dans la diaspora.
FAQ sur le VIe congrès du PCT
Quand les résolutions seront-elles publiées ? Officiellement sous dix jours, après validation juridique. Quel est le rôle précis du secrétaire permanent ? Coordonner l’action du parti dans son domaine, ici la coopération. Le congrès valide-t-il le programme ? Non, mais il fixe ses orientations incontournables.
Quid des investitures législatives ? Le bureau politique a prévu de les annoncer après la présidentielle, afin de privilégier la cohésion autour du candidat unique. Enfin, comment participer au financement citoyen ? Une plateforme mobile sera lancée dès février, selon le trésorier.
Regard des observateurs internationaux
Pour la mission d’observation de la CEEAC, présente comme invitée, le congrès démontre « la maturité démocratique d’un parti résolu à moderniser ses pratiques ». D’autres délégations ont salué la transparence des débats et le recours au vote électronique interne.
Ces signaux atténuent les inquiétudes exprimées par certains partenaires en 2021 sur la compétitivité du climat politique congolais. Brazzaville espère ainsi consolider son image de pôle de stabilité régionale, atout majeur pour peser dans l’agenda continental de 2063.


