Ce qu’il faut savoir
À quinze mois du scrutin présidentiel de mars 2026, l’état-major des Forces armées congolaises (FAC) vient d’achever sa conférence annuelle d’évaluation. Au menu, bilan opérationnel 2025 et feuille de route pour garantir à chaque électeur un vote serein et ordonné.
Les FAC, pilier de la stabilité électorale
Clôturant les travaux, le général de division Guy Blanchard Okoï a exhorté les commandants de zones à « resserrer les rangs » et à fédérer les énergies. Son message souligne la responsabilité constitutionnelle des FAC : protéger les institutions et les citoyens tout au long du processus électoral.
En rappelant les « très hautes orientations » du président Denis Sassou Nguesso, Chef suprême des armées, l’état-major met en avant la continuité de l’État. Une armée disciplinée, affirment les officiers, demeure un gage de confiance pour les électeurs et les partenaires internationaux.
Un bilan 2025 jugé encourageant
Le général de brigade François Ossélé, chargé des opérations, a dressé un bilan « globalement positif ». Exercice Cobra 2025, renforcement du renseignement et modernisation logistique ont consolidé la capacité de réaction rapide, indispensable face aux risques de désinformation ou de troubles.
Des patrouilles mixtes gendarmerie-armée se sont également multipliées autour des centres d’état civil, première étape du futur vote biométrique testé à Dolisie. Ces actions, peu médiatisées, participent pourtant à la sécurisation de la révision des listes électorales début 2026.
Des défis identifiés et des solutions ciblées
L’état-major n’ignore pas les faiblesses révélées : déficit de carburant sur certaines pistes, connexion radio inégale dans les zones forestières, et besoin d’effectifs féminins pour les opérations de proximité. Autant de points faibles qui peuvent fragiliser la confiance des populations.
Des groupes de travail pluridisciplinaires ont donc proposé des correctifs immédiats : pré-positionnement de stocks, extension du réseau hertzien et campagne de recrutement ciblée. Le ministère de la Défense statuera début février, afin d’intégrer ces mesures dans la loi de programmation 2026.
Feuille de route sécuritaire pour 2026
La priorité reste la prévention. Dès juin, des exercices de simulation d’attroupements seront conduits dans les chefs-lieux départementaux. Ils impliqueront forces de l’ordre, autorités locales et observateurs électoraux pour tester la coordination interservices avant la campagne officielle de février 2026.
Pendant le silence électoral, un dispositif mobile assurera la sécurisation des bureaux les plus isolés, tandis qu’un centre opérationnel unique à Brazzaville suivra en temps réel les incidents. « Tolérance zéro pour les perturbations », martèle un colonel impliqué dans la planification.
Discipline et éthique militaire
Parallèlement, l’Institut supérieur de défense lance un module de déontologie électorale obligatoire pour tous les gradés, inspiré de la Charte d’Oyo. Les sessions insistent sur la neutralité politique et la protection des droits fondamentaux dans les localités sensibles.
Un mécanisme de plainte interne, accessible par messagerie sécurisée, sera ouvert aux militaires afin de signaler toute pression ou tentative de politisation indue. Cette mesure vise à consolider l’image d’une armée républicaine, fidèle au serment et respectueuse du pluralisme.
À retenir
L’armée promet neutralité, disponibilité et professionnalisme. Consciente des attentes citoyennes, elle mise sur la transparence de ses préparatifs pour renforcer la crédibilité globale du scrutin, élément clé de la vision du chef de l’État pour un Congo apaisé et tourné vers l’émergence.
Que faire concrètement ?
Les électeurs sont invités à vérifier leur inscription dès l’ouverture de la révision, munis d’une pièce d’identité en cours de validité. Signaler toute anomalie à la commission locale permettra aux FAC de calibrer la protection des centres les plus fréquentés.
Les organisations de la société civile peuvent, dès maintenant, solliciter des formations en observation électorale. Les formateurs militaires et civils privilégient des modules conjoints, considérés comme le meilleur rempart contre les rumeurs susceptibles d’enflammer les réseaux sociaux le jour J.
FAQ Sécurité et vote
Les forces armées seront-elles présentes dans chaque bureau ? Non. Seule la police opérera à l’intérieur. Les FAC resteront en retrait, prêtes à intervenir sur réquisition de l’autorité administrative en cas de menace avérée contre l’ordre public.
Des coupures d’internet sont-elles envisagées ? Le gouvernement privilégie la régulation ciblée des contenus illicites. Aucune interruption généralisée n’est inscrite dans les scénarios actuels, assure la cellule cybersécurité de l’état-major.
Comment signaler un incident ? Un numéro vert unique sera diffusé avant la campagne. Les signalements crédibles seront géolocalisés et transférés au poste de commandement, garantissant une réponse proportionnée et documentée.
Infographie : calendrier et chiffres clés
Notre infographie interactive présente les jalons majeurs : révision des listes du 4 janvier au 18 mars 2026 ; dépôt des candidatures du 10 au 20 janvier ; campagne officielle du 8 février au 6 mars ; scrutin le 7 mars. Taux de participation visé : 78 %.
Perspective des observateurs
Le Réseau pour l’Observation Citoyenne du Congo estime que la doctrine d’engagement des FAC est « conforme aux standards régionaux ». L’organisation salue la publication anticipée des règles d’intervention, un pas jugé décisif pour la lisibilité du dispositif sécuritaire.
Du côté des partenaires, la CEEAC rappelle que la stabilité congolaise profite à l’ensemble de l’Afrique centrale. « La préparation méticuleuse des forces congolaises crée un environnement propice à un scrutin libre et paisible », a déclaré un diplomate régional sous anonymat.


