Ce qu’il faut savoir sur la directive Défense 2026
Le 15 janvier, le ministre de la Défense nationale, Charles Richard Mondjo, a demandé au chef d’état-major général et aux chefs organiques de s’approprier la loi n°31-2019 du 10 décembre 2019, dédiée à l’orientation de la performance de l’action publique.
Dans le contexte de la présidentielle 2026 au Congo-Brazzaville, cette consigne vise à installer une logique de résultats au sein des Forces armées congolaises (FAC), afin de sécuriser l’exécution des missions régaliennes avec méthode et cohérence.
Bilan annuel des FAC et priorités fixées pour l’année
Dans sa communication, Charles Richard Mondjo a dressé le bilan annuel des FAC, tout en arrêtant les priorités appelées à guider leur action. L’objectif affiché est d’aligner les structures, les directions et les services sur une même culture de la performance.
Le ministre a décliné quatre axes majeurs, en précisant pour chacun des actions à conduire par les armées et les services. L’approche se veut structurée, au moment où l’État attend des institutions une organisation lisible et des responsabilités clairement assumées.
Un cadre adossé aux orientations présidentielles et au PND
La directive annuelle s’appuie sur plusieurs références : les orientations du président de la République, chef suprême des armées, le Plan national de développement (PND) 2022-2026, le Programme d’action du gouvernement, le plan stratégique ministériel et le projet annuel de performance lié à la loi de finances 2026.
À l’approche du scrutin de 2026, cet empilement de repères sert de boussole administrative. Il donne aussi une lecture de continuité : l’effort demandé aux FAC s’inscrit dans une programmation, plutôt que dans des annonces isolées.
Axe 1 : évaluation homogène des structures des FAC
Premier axe retenu : garantir une évaluation homogène et objective des structures sous tutelle. Concrètement, les outils de pilotage doivent suivre un format commun, dans l’esprit de la loi n°31-2019.
Les maquettes d’élaboration des plans de travail annuels, ainsi que les fiches de suivi et d’évaluation des résultats, devront être conformes aux dispositions de la loi sur la performance. L’enjeu est d’éviter des appréciations disparates selon les services.
Axe 2 : renforcer le cadre légal et réglementaire Défense
Deuxième axe : le renforcement du cadre légal et réglementaire du ministère de la Défense nationale. Une commission mise en place en 2025 est chargée de finaliser des projets de textes organiques spécifiques et des statuts particuliers, en lien avec les FAC et les structures techniques.
Selon la logique portée par le ministère, l’aboutissement de ces travaux doit permettre de recentrer les grandes structures sur leur cœur de métier. Il est aussi question de rationaliser les missions et de renforcer la cohérence entre action administrative et action opérationnelle.
Charles Richard Mondjo a appelé la commission à mesurer les enjeux, pour clarifier les attributions respectives et prévenir les chevauchements. Il a également demandé de tenir compte des « réformes majeures engagées par l’État », afin de sécuriser des bases durables.
Axe 3 : formation militaire, conduite du changement
Troisième axe : l’optimisation de la gestion de la formation. Le ministre a rappelé que la formation au sein des écoles militaires relève de la responsabilité exclusive du chef d’état-major général des FAC, ce qui fixe une chaîne de décision clairement identifiée.
Dans cette perspective, il revient au chef d’état-major général d’assumer la conduite du changement. Le ministre a notamment évoqué la création de l’École militaire d’administration et de l’École militaire technique, comme leviers d’adaptation.
Axe 4 : logistique, un chantier jugé prioritaire
Quatrième axe : l’optimisation du soutien logistique. Charles Richard Mondjo a relevé l’absence de réserves logistiques structurées, un point qui, selon lui, complique la constitution des minimas opérationnels indispensables à l’efficacité des forces.
Le ministre a insisté sur la nécessité de donner toute sa place au commandement de la logistique au niveau central, ainsi qu’aux directions de la logistique au niveau des armées. L’objectif est de renforcer le soutien des forces en temps de paix comme en engagement.
Présidentielle 2026 : discipline, cohésion et vigilance des forces
En toile de fond, l’approche du scrutin présidentiel de 2026 conduit le ministère à marteler un message interne : consolider la cohésion, préserver la discipline et maintenir un niveau de vigilance élevé au sein des forces.
Sans entrer dans le champ partisan, la directive rappelle que les FAC doivent exécuter efficacement les missions régaliennes qui leur sont assignées. Le pari, pour l’exécutif, est qu’une institution mieux pilotée et mieux soutenue renforce la stabilité.
À retenir pour suivre l’actualité électorale et institutionnelle
La demande d’appropriation de la loi n°31-2019 place la performance au cœur de l’action publique, y compris dans le secteur Défense. Quatre priorités structurent la feuille de route : évaluation, textes, formation, logistique.
Pour l’élection présidentielle 2026, ce cadrage met aussi en avant une exigence d’organisation. Il s’inscrit dans les orientations du chef suprême des armées et les instruments de planification cités, dont le PND 2022-2026.
Que faire concrètement ? Repères citoyens avant 2026
Pour les électeurs et observateurs, il est utile de repérer les documents cités dans la directive, car ils éclairent l’action publique : loi n°31-2019, PND 2022-2026, Programme d’action du gouvernement et loi de finances 2026.
Suivre les annonces institutionnelles liées aux quatre axes permet aussi de comprendre comment l’État prépare le fonctionnement de ses services à l’approche du scrutin : outils d’évaluation, finalisation des textes, organisation de la formation et montée en puissance logistique.
FAQ : ce que la directive Mondjo change dans le débat 2026
Que demande exactement le ministre ? Il demande au chef d’état-major général et aux chefs organiques de s’approprier la loi n°31-2019 et d’aligner l’action des FAC sur une logique de performance et de résultats.
Pourquoi cette directive est-elle reliée à la présidentielle 2026 ? Le ministre évoque explicitement l’approche du scrutin et appelle à renforcer cohésion, discipline et vigilance, afin d’exécuter efficacement les missions régaliennes.
Quels sont les quatre axes annoncés ? Une évaluation homogène des structures, le renforcement du cadre légal et réglementaire, l’optimisation de la formation, et l’optimisation du soutien logistique.
Sur quels repères s’appuie la directive ? Elle se réfère aux orientations du président de la République, chef suprême des armées, au PND 2022-2026, au Programme d’action du gouvernement, au plan stratégique ministériel et à la loi de finances 2026.
Infographie : feuille de route Défense reliée à 2026
Repères cités : loi n°31-2019 (10 décembre 2019) ; PND 2022-2026 ; loi de finances 2026. Quatre axes : évaluation des structures ; textes organiques et statuts ; formation pilotée par le chef d’état-major ; réserves et chaîne logistique renforcées. (Source : communication du ministre Charles Richard Mondjo, 15 janvier)


