Ce qu’il faut savoir
Depuis son palais de Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso a livré, le 31 décembre 2025, son message de vœux à la Nation. Au cœur de l’allocution, la présidentielle de mars 2026, présentée comme un rendez-vous civique décisif à vivre dans le calme.
Cette exhortation à une élection apaisée intervient alors que la Commission électorale nationale indépendante finalise la révision des listes et que les partis peaufinent leurs dossiers de parrainage. Le chef de l’État entend ancrer le scrutin dans une dynamique d’unité et de fair-play.
Le rappel solennel du droit de vote
Dans son adresse, le président a rappelé que le droit de vote, acquis au prix d’engagements historiques, n’est pas qu’un privilège mais un devoir moral. En votant, chaque citoyen consolide les équilibres institutionnels et façonne la trajectoire d’une République qu’il souhaite plus prospère.
Les historiens rappellent que la Constitution de 2015 a élargi les garanties de participation, notamment pour la diaspora. Le message présidentiel réactive cette mémoire collective et insiste sur l’importance d’une forte mobilisation, gage d’une légitimité incontestable des résultats attendus en mars.
Une candidature encore sous suspense
Mieux qu’un effet de surprise, le silence du chef de l’État sur sa propre intention électorale nourrit la chronique politique. Ses partisans l’appellent ouvertement à rempiler, tandis que l’opposition affine ses projections. Dans tous les cas, la procédure de dépôt s’ouvre mi-janvier.
Plusieurs observateurs estiment que cette attente permet au président de concentrer l’attention sur le message d’unité plutôt que sur un casting. « Le calendrier officiel sera respecté », glisse un membre de la majorité, convaincu que la sérénité profite à l’image du pays.
Calendrier et organisation du scrutin de mars 2026
Selon le projet d’arrêté publié par le ministère de l’Administration du territoire, le premier tour se tiendra le 21 mars. Les bureaux ouvriront de 7 heures à 18 heures. Les kits biométriques, déjà testés lors des législatives partielles de 2024, seront reconduits.
La Commission électorale vient d’annoncer l’achèvement à 96 pour cent de l’enrôlement numérique. Un numéro vert sera activé pour signaler toute anomalie. Ces dispositions, saluées par plusieurs chancelleries, traduisent la volonté gouvernementale de moderniser, pas à pas, l’environnement électoral.
Diplomatie et paix, fil rouge présidentiel
Tout en appelant à la paix intérieure, Denis Sassou N’Guesso a élargi son propos aux théâtres de crise internationaux. Il plaide pour que les budgets d’armement se réorientent vers le développement. Cette posture renforce le rôle médiateur que Brazzaville cultive depuis des décennies.
Lors du sommet des trois bassins forestiers, en octobre 2025, le président avait déjà présenté la stabilité congolaise comme atout pour l’agenda climatique mondial. Le rappel de cette diplomatie verte trouve un écho particulier à l’aube d’un scrutin où l’environnement figure dans tous les programmes.
Impact économique attendu
Les milieux d’affaires anticipent un léger ralentissement des investissements durant la période de campagne, phénomène classique avant chaque présidentielle. Toutefois, la stabilité macroéconomique enregistrée depuis 2023 incite les opérateurs à maintenir leurs projets, convaincus que l’alternance institutionnelle se fera sans heurts majeurs.
Le ministère des Finances prévoit, dans la loi de finances 2026, un fonds de soutien aux PME pour limiter l’effet attentisme. Selon un économiste de l’Université Marien Ngouabi, ce dispositif placera le vote au cœur d’une dynamique de relance plutôt que de crispation.
À retenir
En résumé, le message de vœux fixe trois priorités : participation massive, climat politique pacifié, visibilité internationale accrue. Ces axes s’alignent sur la feuille de route de la Commission électorale et donnent le ton d’une campagne appelée à privilégier l’argumentation sur l’invective.
Que faire concrètement ?
Les électeurs doivent vérifier dès maintenant leur inscription. Les centres d’affichage communaux disposent des listes provisoires jusqu’au 15 janvier. Toute réclamation se fait sur simple formulaire accompagné d’une pièce d’identité. Plus tôt la correction intervient, plus fluide sera l’accès aux urnes en mars.
Les formations politiques sont, elles, invitées à déposer leurs demandes d’accréditation d’observateurs avant le 1ᵉʳ février. Cette mesure, souvent négligée, facilite pourtant la transparence souhaitée. En cas de doute, le portail officiel du ministère propose un guide détaillé mis à jour chaque semaine.
FAQ
Faut-il une nouvelle carte d’électeur ? Non, la carte délivrée en 2023 reste valable, à condition d’avoir confirmé vos données biométriques. Peut-on voter hors de sa circonscription ? Oui, sur présentation d’une procuration validée par le tribunal d’instance, dans les délais prévus.
Le vote de la diaspora sera-t-il maintenu ? Le gouvernement a réaffirmé son engagement à ouvrir 60 bureaux hors du territoire, sous réserve d’accords locaux. Quel est le coût du scrutin ? Le budget prévisionnel s’élève à 18 milliards de francs CFA, financé à 85 % sur ressources internes.
Infographie : chronologie électorale
Une infographie disponible sur notre site retrace les grandes échéances : ouverture des dépôts le 10 janvier, publication de la liste définitive le 25 février, campagne du 1ᵉʳ au 19 mars, premier tour le 21 mars, éventuel second tour le 4 avril, proclamation des résultats le 12 avril.


