Ce qu’il faut savoir
À trois mois du scrutin présidentiel congolais, le président du Sénat, Pierre Ngolo, invite les forces politiques à privilégier la modération verbale. Son appel, lancé lors de la clôture de la 7e session ordinaire, replace la campagne naissante sous le signe de la responsabilité.
Dans l’hémicycle de Brazzaville, l’orateur a rappelé que les sénateurs ne sont pas de simples législateurs, mais «des conseillers de la Nation», tenus d’irriguer le débat public d’arguments pédagogiques plutôt que d’anathèmes partisans.
Voix du perchoir sénatorial
«L’élection présidentielle doit être un rendez-vous de la démocratie qui consolide la paix», a insisté Pierre Ngolo, soulignant que l’expérience acquise depuis le retour au multipartisme appelle la classe politique à franchir un palier supplémentaire de maturité.
Sa mise en garde s’inscrit dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient parfois les excès de langage. Pour le Sénat, transformer la ferveur électorale en pédagogie préservera l’«unité nationale», leitmotiv récurrent des interventions officielles.
Pédagogie plutôt que diatribe
Plusieurs orateurs ont appuyé cette approche, notant que la stabilité achevée depuis 1997 reste un atout régional que les investisseurs suivent de près. D’où l’importance, selon eux, de slogans rassemblant plutôt que de formules outrageuses susceptibles d’effaroucher capitaux et touristes.
Feu vert aux réformes structurelles
Le même plaidoyer transparaît dans le programme législatif arrêté : onze textes ont été adoptés, dont la loi de finances 2026 et une actualisation ciblée du code électoral. Objectif affiché : fiabiliser le cadre du vote sans bouleverser les équilibres institutionnels.
Les sénateurs ont également examiné la réorganisation de l’Institut national de recherche forestière, preuve que l’agenda climatique demeure au cœur des priorités. Les réformes sectorielles ainsi votées visent à diversifier l’économie et à protéger la forêt du bassin du Congo.
Diplomatie parlementaire renforcée
Sur le front international, la Chambre haute veut intensifier la diplomatie parlementaire pour soutenir «l’action de l’exécutif», selon les mots de Pierre Ngolo. Il s’agit de valoriser la voix congolaise dans les enceintes multilatérales, notamment en matière de sécurité énergétique et écologique.
Cette ligne s’inscrit dans la continuité du leadership diplomatique du président Denis Sassou Nguesso, récemment salué pour son rôle de médiateur dans plusieurs crises régionales. Le Sénat entend faire écho à cette posture pour renforcer l’image d’un Congo stable et écouté.
Focus finances publiques
Au-delà du symbole, la loi de finances 2026 adoptée par les sénateurs fixe un taux de croissance projeté à 4,2 %, misant sur la consolidation budgétaire et l’agro-industrie. Les chiffres clés seront détaillés dans la note de conjoncture attendue fin janvier.
Les séances ont également consacré une place aux questions orales avec débat, exercice apprécié pour sa transparence. Plusieurs ministres ont éclairé les élus sur la réforme des subventions pétrolières et la stratégie jeunesse-emploi 2025-2030, deux dossiers surveillés par les partenaires techniques.
Sanctionner les actes, pas les opinions
Au terme des travaux, Pierre Ngolo a mis en garde contre les «comportements déviants» susceptibles de saboter ces avancées. Il a jugé opportun que la répression s’exerce sur les actes et non sur les opinions, ligne équilibrée saluée par plusieurs organisations citoyennes.
Pour la diaspora connectée, cet appel à la nuance trouve un écho particulier : nombre de Congolais établis à Paris, Pointe-Noire ou New York rapatrient des fonds et comptent sur une atmosphère électorale sereine pour investir durablement au pays.
Les médias publics préparent déjà un dispositif de couverture centré sur la pédagogie civique. Reportages didactiques, débats encadrés et rubriques fact-checking alimenteront antennes et réseaux, conformément aux orientations du Conseil supérieur de la liberté de communication.
À retenir
Le message clé demeure la responsabilité collective : modérer les mots pour préserver la paix, sécuriser les réformes économiques et porter la voix du Congo à l’international. Le calendrier électoral gagne ainsi en lisibilité, élément jugé essentiel par les observateurs régionaux.
Que faire concrètement ?
Citoyens inscrits, vérifiez dès à présent votre lieu de vote lors de la révision des listes ouverte jusqu’au 20 février. Militants, privilégiez réunions explicatives et comités de quartier. Internautes, signalez toute fake news. Chacun participe à la qualité du climat pré-scrutin.
FAQ
Q : L’appel du Sénat a-t-il force juridique ? A : Non, il relève du registre moral, mais peut inspirer la jurisprudence électorale. Q : Que prévoit l’actualisation du code électoral ? A : Un alignement des délais de contentieux et la clarification du parrainage citoyen.
Q : Quand sera publiée la liste définitive des candidats ? A : La Cour constitutionnelle devrait la proclamer début mars, après vérification des parrainages et dépôts de caution. Q : Les Congolais de l’étranger voteront-ils ? A : Oui, dans 38 bureaux ouverts dans 15 pays.
Nos infographies à consulter
Notre rédaction mettra en ligne, le 5 janvier, une infographie interactive sur la chronologie électorale et, le 12 janvier, une carte des projets de loi adoptés. Chaque visuel indiquera sources, unités et dates pour permettre un suivi transparent des jalons jusqu’au jour du vote.


