Ce qu’il faut savoir
À vingt-quatre mois de la présidentielle de 2026, le Conseil supérieur de la liberté de communication, désormais conduit par Médard Milandou, accélère la cadence. Son objectif affiché est d’offrir aux électeurs une information fiable et sereine, indispensable à un scrutin apaisé.
Le régulateur a détaillé un fonds d’appui financé par la redevance audiovisuelle et la relance de la carte de presse, deux mesures saluées par le gouvernement et les associations professionnelles qui y voient un signal fort à destination de l’écosystème médiatique.
Un fonds d’appui pour un écosystème médiatique stable
Annoncé le 12 décembre, le fonds spécial doit soutenir l’équipement, la formation et l’innovation numérique des rédactions, qu’elles soient publiques ou privées. La commission ad hoc, installée dès janvier, fixera les critères d’éligibilité en concertation avec le ministère de la Communication.
Pour le président du CSLC, ce dispositif garantit une répartition équitable des aides de l’État. « Le gouvernement a tenu compte des attentes des médias, il fallait un mécanisme transparent et durable », a-t-il rappelé devant une salle comble de directeurs de presse.
En filigrane, l’exécutif espère consolider le pluralisme tout en renforçant la professionnalisation du secteur. Dans un contexte de transition numérique, cet investissement est aussi perçu comme un levier pour dynamiser la production de contenus locaux et résorber les disparités régionales.
Vers une carte de presse modernisée
La nouvelle campagne d’attribution de la carte de presse vise à simplifier la mobilité des reporters durant la pré-campagne. Les dossiers pourront être déposés en ligne, une première qui réduit la paperasse et rapproche le régulateur des jeunes journalistes, notamment en province.
« Nous voulons que chaque journaliste accède sans entrave aux meetings et aux bureaux de vote », a insisté Médard Milandou. L’idée est d’anticiper les afflux médiatiques attendus lors des grands rassemblements afin de fluidifier la circulation des personnes et du matériel.
Le CSLC envisage aussi un QR code sécurisé pour authentifier les cartes. Cette innovation technologique devrait limiter les faux accrédités et renforcer la confiance entre forces de l’ordre, organisateurs de campagne et presse, facteur clé pour éviter les tensions logistiques.
Impact attendu sur la campagne 2026
En renforçant la qualité de l’information, le fonds et la carte modernisée contribueront à un climat électoral apaisé, l’une des priorités affichées par le président Denis Sassou Nguesso depuis les consultations citoyennes organisées l’an dernier sur la cohésion nationale.
Les observateurs notent que la mesure pourrait également doper la participation électorale. Une couverture plus accessible et équilibrée tend à réduire la méfiance du public, surtout chez les primo-votants et dans la diaspora, deux segments déterminants pour le scrutin de 2026.
Sur le plan économique, l’afflux de ressources vers les médias locaux favorise aussi l’emploi dans les métiers du graphisme, de la data et de la vidéo. Le gouvernement y voit un cercle vertueux, à la fois pour la démocratie et pour la relance post-Covid.
À retenir
Fonds d’appui, carte de presse modernisée, encadrement des réseaux sociaux : le CSLC déroule une triple stratégie jugée cohérente avec la feuille de route gouvernementale. Chaque volet répond à un enjeu identifié lors des scrutins précédents, de la logistique à la lutte contre les fake news.
La création rapide de la commission d’attribution et l’ouverture d’une plateforme numérique illustrent la volonté d’aller vite. Les premières subventions pourraient être versées dès le second semestre 2025, laissant une année pleine aux rédactions pour se préparer.
Que faire concrètement ?
Les directeurs de publication sont invités à constituer dès maintenant les dossiers techniques et financiers susceptibles de justifier leurs besoins. Une attention particulière sera accordée aux projets visant la couverture des zones rurales, souvent moins servies en informations électorales de proximité.
Pour la carte de presse, le CSLC conseille de rassembler copie d’identité, attestation de l’employeur et portfolio numérique. Un guichet unique, ouvert à Brazzaville et dans chaque chef-lieu de département, devrait fluidifier les démarches avant la période de dépôt des candidatures.
FAQ
Q : Le fonds est-il réservé aux entreprises déjà subventionnées ? R : Non, la future grille d’éligibilité prendra en compte l’impact social et la viabilité économique, y compris pour les start-ups médias lancées après 2023.
Q : Les correspondants étrangers pourront-ils bénéficier de la carte ? R : Oui, une rubrique spécifique est en cours de rédaction pour les basés permanents, à condition qu’ils justifient d’une accréditation diplomatique.
Q : Qu’en est-il des réseaux sociaux ? R : Le CSLC publiera au premier trimestre 2025 un guide de bonnes pratiques destiné aux influenceurs politiques, afin d’aligner leurs contenus sur les obligations de paix et de véracité prévues par le code électoral.
Q : Quel calendrier pour la mise en œuvre ? R : Selon le secrétariat général, les textes d’application seront publiés au Journal officiel dans moins de six mois, avec un premier bilan public prévu lors de la conférence annuelle de la presse à Pointe-Noire.


