Ce qu’il faut savoir
Du 27 au 30 décembre, le Parti congolais du travail, formation au pouvoir depuis plus de quatre décennies, tient son sixième congrès ordinaire dans les jardins Ben’tsi, au cœur du cinquième arrondissement de Brazzaville, sous la bannière ambitieuse « En avant pour 2026 ».
Environ trois mille délégués, représentant les fédérations locales, les sections de la diaspora et les organisations affiliées, examinent les bilans depuis 2019, proposent de nouveaux statuts et, surtout, préparent la stratégie de la majorité présidentielle en vue du scrutin prévu pour mars 2026.
Le porte-parole Parfait Iloki insiste: l’événement doit rassurer la base et l’opinion internationale sur la stabilité institutionnelle, tout en offrant une plateforme d’écoute pour les jeunes, les femmes et les partenaires sociaux qui demandent une accélération des réformes économiques.
Le congrès PCT, moteur de la course 2026
Selon l’organigramme interne, trois rapports jalonneront les débats: la situation politique nationale, la marche du parti et les perspectives électorales. La méthodologie adoptée reprend l’expérience de 2019, avec des commissions mixtes et une séance plénière ouverte aux observations d’ONG invitées.
Pour la direction, la tenue de cet agenda serré prouve la capacité d’organisation du PCT, argument régulièrement avancé pour souligner la pertinence d’une continuité institutionnelle sous l’actuel chef de l’État, qualifié dans les couloirs de « garant du contrat social ».
Un candidat naturel toujours attendu
Depuis la révision constitutionnelle de 2015, le parti rappelle volontiers que le mandat présidentiel reste de cinq ans renouvelable une seule fois, règle qu’il dit avoir « pleinement intégrée ». Pourtant, plusieurs militants confient qu’un appel à la candidature du président Denis Sassou Nguesso figurera probablement dans la résolution finale.
Interrogé en marge des travaux, Parfait Iloki préfère parler de « choix souverain », expliquant que la gouvernance actuelle offre, selon lui, « la meilleure assise pour franchir l’étape décisive de l’émergence économique à l’horizon 2030 ».
Instances renouvelées et discipline interne
Le bureau politique, actuellement composé de soixante-quinze membres, pourrait être élargi pour intégrer davantage de femmes et de représentants des départements du Nord, souvent jugés sous-représentés dans les cénacles nationaux et sur la création d’un code de conduite interne destiné à prévenir les candidatures indépendantes.
Les participants débattent aussi d’une réduction du Comité central, fort de 727 membres, afin d’accroître la réactivité décisionnelle. La proposition serait de passer à cinq cents sièges, avec un quota de 30 % pour les moins de quarante ans.
La voix de la jeunesse militante
Sur les pelouses du site, de jeunes cadres brandissent des pancartes réclamant la modernisation du parti, citant la transition numérique comme priorité pour convaincre la génération Z, qui comptera près de 40 % des électeurs inscrits en 2026 selon le ministère de l’Intérieur.
Pris à partie, un vétéran du Mouvement national des pionniers relativise néanmoins: « Nous devons écouter les jeunes mais sans sacrifier l’expérience. Le président l’a toujours fait », assure-t-il, attirant des applaudissements nourris sous le chapiteau principal.
Calendrier électoral et prochaines étapes
Conformément au Code électoral, la révision des listes commencera en janvier 2025, suivie de la collecte des parrainages présidentiels entre octobre et décembre de la même année, a rappelé le ministère de l’Administration du territoire.
Les candidats définitifs devront déposer leurs dossiers au plus tard le 30 janvier 2026, tandis que la campagne officielle s’étendra sur quinze jours, avant une période de silence électoral de quarante-huit heures, disposition saluée par plusieurs observateurs comme gage de sérénité.
À retenir: les points clés du congrès
L’agenda mettra l’accent sur la communication stratégique, l’approbation d’un plan de financement et la mobilisation de la diaspora, considérée comme relais pour la diplomatie économique congolaise, selon le comité de pilotage.
La présence annoncée de plusieurs partis alliés, comme le RDPS ou le Club 2002, devrait faciliter la signature d’un protocole d’accord électoral visant à coordonner les affichages, les meetings et la formation des scrutateurs le jour du vote.
Que faire concrètement ?
Les sympathisants souhaitant participer aux animations publiques peuvent se rapprocher des coordinations d’arrondissement pour recevoir un badge, nécessaire aux activités de sensibilisation prévues jusqu’à la rentrée politique de février.
Les électeurs sont invités à vérifier dès maintenant leur état civil auprès des postes d’identification afin d’éviter les files pendant la révision des listes, démarche que le ministère promet de digitaliser partiellement.
FAQ présidentielle 2026
Comment est élu le président de la République ? Au Congo-Brazzaville, l’article 58 de la Constitution fixe l’élection au suffrage universel direct à deux tours, le vainqueur devant obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés.
Qui peut se porter candidat ? Tout Congolais d’origine, âgé d’au moins quarante ans et résident sur le territoire depuis deux ans, doit réunir soixante-cinq parrainages de députés, sénateurs et maires, seuil confirmé par la loi organique de 2021.
Quand les résultats seront-ils connus ? La Cour constitutionnelle dispose de quinze jours pour proclamer les résultats définitifs ; en 2021, elle avait tranché en onze jours, performance que le gouvernement veut rééditer grâce à la numérisation des procès-verbaux.


