Ce qu’il faut savoir
Le sixième congrès ordinaire du Parti congolais du travail, réuni à Brazzaville, vient d’adresser une invitation sans détour au chef de l’État. Les délégués ont appelé Denis Sassou-Nguesso à briguer un nouveau mandat lors du scrutin présidentiel fixé à mars 2026.
Dans un contexte régional mouvant, le PCT soutient que la continuité au sommet garantira stabilité macro-économique et cohésion sociale. Cette prise de position ouvre officiellement la saison des investitures, quatre mois avant l’ouverture légale de la campagne.
Pourquoi le PCT mise sur l’expérience
Pour le secrétaire général Pierre Moussa, l’actuel président porterait « l’unité nationale dans ses gènes ». Dans son allocution d’ouverture, il a insisté sur l’expérience diplomatique de Sassou-Nguesso, jugée précieuse au milieu d’enjeux sécuritaires et climatiques planétaires.
Le parti gouvernemental rappelle aussi les chantiers lancés depuis 2021 : diversification de l’économie, amélioration du réseau routier et modernisation des finances publiques. Selon le bureau politique, ces réformes atteindraient leur plein effet sous un mandat supplémentaire, consolidant les équilibres budgétaires.
Calendrier électoral 2026: rappel des étapes clés
Le ministère de l’Administration du territoire publiera, selon le décret 2024-317, la liste provisoire des électeurs le 10 novembre 2025. Les parrainages d’élus devront être déposés avant le 5 janvier 2026, tandis que la campagne officielle s’ouvrira le 7 février.
Le vote se déroulera un seul jour, de 7 h à 18 h. La Commission électorale nationale indépendante centralisera les résultats au palais des congrès. Les contentieux seront examinés par la Cour constitutionnelle, qui proclamera les chiffres définitifs au plus tard le 31 mars 2026.
Mobilisation de la base: discipline et fidélité
Pierre Moussa a exhorté chaque section à tenir des réunions hebdomadaires, avec feuille de route précise pour le porte-à-porte. L’objectif affiché est d’atteindre 85 % de présence dans les bureaux de vote là où le PCT se dit historiquement majoritaire.
Le parti insiste également sur la discipline numérique. Les coordinateurs locaux recevront une application mobile autorisant le suivi instantané des réunions et des stocks de matériel de campagne. Un tableau de bord agrégé sera accessible au siège national pour corriger rapidement toute baisse de mobilisation.
À retenir
Pour l’heure, aucune autre formation de la majorité présidentielle n’a dévoilé de prétendant. L’appel du PCT a donc valeur d’indication stratégique pour l’ensemble de la coalition, même si la décision finale reviendra à Denis Sassou-Nguesso lui-même.
Les observateurs voient dans ce consensus interne un signal de sérénité institutionnelle. Plusieurs diplomates africains présents au congrès ont salué la « maturité politique » du processus, soulignant l’importance de la stabilité pour l’investissement régional et la poursuite des projets d’intégration.
Que faire concrètement ?
Les électeurs déjà inscrits sont invités à vérifier leurs données lorsque les listes provisoires s’afficheront dans les quartiers. Toute rectification devra être sollicitée dans un délai de quinze jours, munis d’un acte de naissance et d’un justificatif de résidence.
Les primo-votants âgés de dix-huit ans révolus avant le 31 décembre 2025 devront se présenter au centre d’enrôlement le plus proche. Ils recevront leur carte biométrique gratuite sous quarante-huit heures, selon la Direction générale des affaires électorales.
FAQ présidentielle 2026
Le président peut-il encore se présenter ? Oui : la Constitution de 2015 fixe à deux mandats de cinq ans renouvelables, mais ne tient pas compte des mandats antérieurs à sa promulgation. Denis Sassou-Nguesso a donc effectué un seul mandat dans ce cadre.
Quel est le mode de scrutin ? Il s’agit d’un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour est organisé quinze jours plus tard entre les deux premiers.
Quand commence le silence électoral ? Quarante-huit heures avant l’ouverture des bureaux. Durant cette période, toute propagande est interdite, y compris sur les réseaux sociaux, sous peine d’amende et de confiscation du matériel.
Mots des observateurs
Pour l’analyste politique Armand Mabiala, la sortie du congrès clarifie le paysage : « Le PCT choisit la sécurité plutôt que l’inconnu ». Il estime que la personnalité du président rassure investisseurs et partenaires, notamment dans l’initiative mondiale pour la forêt du Bassin du Congo.
La société civile reste vigilante et rappelle l’importance de la transparence. L’Observatoire congolais des droits électoraux prépare un déploiement de 4 000 témoins indépendants, dans un esprit de confiance mutuelle avec les institutions, pour garantir la crédibilité des résultats.
Infographies à suivre
Notre rédaction publiera dans les prochains jours une infographie interactive détaillant la chronologie des révisions de listes, les pourcentages d’inscription par département et l’évolution de la participation depuis 2002. Les données officielles seront croisées avec celles d’ONG spécialisées pour plus de lisibilité.
Un second visuel comparera également les scores historiques des différents candidats du PCT depuis 1979, permettant de percevoir l’ancrage territorial du parti et les marges de progression possibles en 2026, notamment chez les primo-votants urbains.
Enfin, un tableau interactif mis à jour chaque semaine affichera les intentions de vote issues des instituts autorisés, lissant les écarts méthodologiques. Cet outil veut offrir aux citoyens une lecture neutre et pédagogique des tendances, sans alimenter les spéculations prématurées.


