Ce qu’il faut savoir
Le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) a clos sa deuxième session extraordinaire en appelant solennellement Denis Sassou Nguesso à briguer un nouveau mandat lors de la présidentielle de mars 2026. Cette annonce réaffirme l’alliance nouée depuis les années 2000 entre les deux forces.
Martinien Ulrich Bocko, président du comité MCDDI-Brazzaville, a justifié l’initiative par « la garantie de paix et de stabilité » incarnée, selon lui, par le chef de l’État. Le message a obtenu une ovation, confirmant la discipline interne héritée de feu Bernard Kolélas.
Le soutien financier du MCDDI
En parallèle, le parti a lancé une quête financière destinée à couvrir une part de la caution officielle requise pour tout candidat, soit 25 millions de francs CFA. La démarche vise à offrir à Sassou Nguesso un signal concret d’engagement populaire avant même la déclaration formelle.
Impact sur l’équilibre politique
Le calendrier électoral n’a pas encore été publié dans le Journal officiel, mais la révision des listes devrait intervenir au plus tard au second semestre 2025, conformément au Code électoral. Les équipes du ministère de l’Intérieur finalisent déjà le découpage des bureaux mobiles pour les zones enclavées.
Du côté présidentiel, le chef de l’État multiplie inaugurations d’hôpitaux, d’axes routiers et de centres de formation. Officiellement, ces activités s’inscrivent dans l’agenda républicain, mais l’opinion y voit aussi une mise en condition du terrain avant la période de campagne réglementaire.
Le Parti congolais du travail (PCT), formation majoritaire, salue la position du MCDDI qu’il qualifie de « cohérence politique ». Bien qu’alliés depuis la présidentielle de 2002, les deux partis ne s’étaient jamais engagés publiquement aussi tôt, signe d’un verrouillage stratégique du vote urbain.
Face à cet attelage, l’opposition institutionnelle apparaît morcelée. Plusieurs plateformes négocient encore leurs investitures internes, tandis que certaines figures historiques évoquent des contraintes logistiques. Ce morcèlement pourrait renforcer la lisibilité du discours de continuité brandi par les alliés du président sortant.
Cadre constitutionnel et débats
D’un point de vue juridique, la Constitution de 2015 autorise le président actuel à solliciter un mandat supplémentaire. Le Conseil constitutionnel a déjà rappelé en 2021 que les limitations antérieures ne s’appliquent pas rétroactivement, ouvrant la voie à une cinquième candidature sans requérir de révision.
Pour les partisans du chef de l’État, l’expérience acquise durant la pandémie, la relance pétrolière et le retour des bailleurs multilatéraux constituent des arguments clés. « La stabilité attire l’investissement, il faut la préserver », souligne un cadre du MCDDI, confiant dans une victoire dès le premier tour.
Les analystes indépendants relativisent toutefois l’avance du camp présidentiel. Certains rappellent que le taux de participation est devenu la véritable inconnue, passant de 68 % en 2016 à 57 % en 2021. Le défi sera donc de mobiliser au-delà du socle traditionnel de la majorité.
Calendrier et modalités du scrutin
Le ministère de l’Administration du territoire prévoit de déployer 5 800 bureaux de vote, dont 10 % dotés d’équipements braille pour les électeurs malvoyants, une première. Les électeurs de la diaspora, eux, devront s’inscrire dans les ambassades avant novembre 2025 pour figurer sur le fichier unifié.
La campagne officielle s’ouvrira quinze jours avant le scrutin, comme l’exige la loi. Durant cette période, le Conseil supérieur de la liberté de communication équilibrera temps d’antenne et mentions dans la presse écrite. Les comités locaux d’observation citoyenne seront accrédités dès la fin de l’année 2025.
À retenir
Le ralliement public du MCDDI consolide la plateforme présidentielle et accélère la préparation logistique. L’issue dépendra cependant du taux de participation, de l’enrôlement correct des nouveaux inscrits et de la capacité des challengers à constituer des coalitions crédibles avant début 2026.
Que faire concrètement ?
Les citoyens encore non inscrits sont invités à vérifier leur présence sur les listes communales dès l’ouverture des centres de révision. Les jeunes ayant eu 18 ans en 2024 pourront présenter une pièce d’identité et un justificatif de domicile pour être ajoutés sans frais.
Les sympathisants du MCDDI peuvent se rapprocher de leur comité d’arrondissement pour contribuer à la cagnotte ouverte au profit de la caution présidentielle. Les montants, entièrement volontaires, seront déposés sur un compte bancaire unique, supervisé par un huissier conformément à la réglementation sur le financement des partis.
FAQ des électeurs
Puis-je voter si je suis à l’étranger ? Oui, à condition d’être inscrit avant la date limite et de détenir un passeport valide le jour du vote. Les bureaux diplomatiques ouvriront de 8 h à 18 h, heure locale, selon le décret à paraître.
Que se passe-t-il si personne n’obtient la majorité absolue ? Un second tour est organisé quatorze jours plus tard entre les deux candidats arrivés en tête. Durant l’entre-deux-tours, la campagne audiovisuelle est relancée, mais la distribution de gadgets reste interdite.
Le vote est-il secret pour les personnes handicapées ? Des isoloirs élargis et un guide vocal seront déployés dans chaque chef-lieu de département. L’accompagnateur doit être inscrit dans le même bureau et signer un engagement de confidentialité avant d’assister l’électeur.


