Ce qu’il faut savoir
La décision présidentielle confie à la Force publique la responsabilité de garantir un scrutin apaisé, transparent et inclusif en mars 2026. L’annonce, prononcée lors du réveillon d’armes à Brazzaville, fixe le ton d’une campagne voulue sécurisée, mobilisant soldats, police, administration et citoyens.
Armée et urnes : cap sur mars 2026
En rappelant que « la paix est la première des conditions démocratiques », Denis Sassou Nguesso a ordonné l’activation d’un dispositif couvrant zones urbaines et campagnes. Patrouilles, cellules de renseignement et centres de coordination seront calibrés pour anticiper tout incident susceptible de perturber la présidentielle.
Le haut commandement a déjà identifié 1 200 points sensibles, du port pétrolier de Pointe-Noire aux axes frontaliers du Nord. Des exercices conjoints avec la police nationale et la gendarmerie sont programmés chaque trimestre afin de tester, avant le jour J, la réactivité des effectifs.
Si la présence militaire sera visible, l’exécutif insiste sur son rôle dissuasif plutôt que coercitif. « Nous serons des facilitateurs de démocratie », assure un officier, soulignant que l’uniforme rassure davantage qu’il n’intimide dans les localités récemment sécurisées.
Le précédent succès contre le banditisme
En 2025, les forces mixtes ont lancé l’offensive Sangha 2 pour démanteler les réseaux de grand banditisme. Résultat : le taux de criminalité a reculé de 17 % à Brazzaville et de 23 % à Pointe-Noire, selon la Sécurité nationale.
Cette victoire, saluée par les associations de commerçants, débouche sur une confiance renouvelée entre population et uniformes. Les analystes estiment qu’un électeur serein est plus enclin à se rendre aux urnes, ce qui pourrait mécaniquement accroître la participation en 2026.
Le gouvernement revendique également une baisse des braquages de convois électoraux lors des législatives de 2023, due à la même doctrine de sécurisation préventive. De quoi servir de modèle pour le scrutin présidentiel, jugé plus mobilisateur et donc plus exigeant en vigilance.
Capacités renforcées malgré la conjoncture
Face aux contraintes budgétaires, la loi de finances 2025-2027 a sanctuarisé les crédits dédiés à la défense de l’intégrité électorale. Deux mille recrues rejoindront les rangs avant octobre 2025, dotées d’équipements individuels modernisés, dont gilets balistiques de dernière génération et moyens de communication cryptés.
Un plan de formation accélérée associe ingénieurs civils et instructeurs étrangers issus de coopérations bilatérales. Modules de cybersécurité, gestion des foules et secourisme seront dispensés, afin d’offrir un dispositif complet allant de la prévention numérique à l’assistance physique des électeurs vulnérables.
« Les moyens financiers ne sont pas illimités, mais la volonté politique l’est », souligne le ministre délégué à la Défense. Pour lui, chaque franc dédié à la sûreté du scrutin demeure un gage de stabilité macroéconomique, condition essentielle pour attirer investisseurs et bailleurs après l’élection.
Pourquoi la paix reste la priorité politique
Au Congo-Brazzaville, l’histoire récente rappelle qu’un climat tendu peut fragiliser les avancées économiques. La stratégie présidentielle mise sur la paix électorale pour consolider les chantiers en cours, du port en eaux profondes de Pointe-Indienne aux zones agro-industrielles du Niari.
Une élection apaisée offrirait aussi un signal fort à la diaspora, régulièrement sollicitée pour ses transferts et ses compétences. Plusieurs plateformes citoyennes à Paris et Montréal préparent déjà des webinaires visant à expliquer comment voter sans litige, confiance appuyée sur la couverture sécuritaire annoncée.
À retenir
La sécurité n’est pas pensée comme un simple cordon autour des bureaux de vote, mais comme une chaîne continue allant de la phase de révision des listes jusqu’à la proclamation des résultats. Chaque maillon mobilise la Force publique, l’administration territoriale et les observateurs accrédités.
Le calendrier officiel fixe au 15 janvier 2026 la clôture des enrôlements et au 5 mars l’ouverture de la campagne. Dans l’intervalle, la Force publique annonce des patrouilles quotidiennes et des points d’information pour diffuser consignes préventives et numéros d’alerte.
Que faire concrètement ?
Les électeurs sont invités à vérifier dès maintenant leur inscription auprès des antennes préfectorales ; en cas d’anomalie, un formulaire simplifié sera disponible sur la plateforme CNE-2026. Les autorités recommandent également de signaler tout discours de haine aux commissariats ou via l’application mobile Sécurité Citoyenne.
Le jour du vote, il sera demandé d’arriver muni d’une pièce d’identité en cours de validité et, pour les jeunes enrôlés, du récépissé électronique. Les forces de l’ordre rappellent qu’aucun téléphone ne devra filmer l’isoloir, mesure destinée à protéger le secret du suffrage.
FAQ
Question : la présence militaire près des bureaux limitera-t-elle la liberté de vote ? Réponse : non, selon le ministère de l’Intérieur, les soldats resteront à distance réglementaire ; seuls les agents de police électorale, non armés, pourront pénétrer dans les centres en cas d’incident avéré.
Question : des observateurs internationaux seront-ils admis ? Réponse : oui, le gouvernement a invité l’Union africaine, la CEEAC et des ONG spécialisées. Leur déploiement fera l’objet d’un protocole sécuritaire commun avec la Force publique afin de garantir leur accès libre aux opérations de vote et de dépouillement.


