Ce qu’il faut savoir sur la sécurisation du scrutin
Le réveillon d’armes 2025 aura surtout retenu l’attention des électeurs : devant le président Denis Sassou Nguesso, le général Guy Blanchard Okoï a garanti que la Force publique restera loyale aux institutions et protégera le vote de mars 2026, pierre angulaire de notre démocratie stable.
Devant les caméras, il a insisté : la sécurisation du territoire ne se résume pas aux frontières, elle englobe chaque bureau de vote, chaque file d’attente, chaque voix. Un message perçu comme rassurant par les futurs primo-votants et par la diaspora.
La planification militaire déjà lancée
Le Groupe d’anticipation stratégique a bouclé en décembre une conférence initiale de planification dédiée au scrutin. Cartographie des centres, besoins logistiques, chaînes de commandement : l’état-major dit avoir tout aligné pour offrir un « soutien sans intrusion » aux organes électoraux.
Selon nos informations recueillies auprès d’un officier impliqué, des exercices de simulation seront menés dès février pour tester la coordination entre armée, police et gendarmerie. L’objectif est d’éviter toute lenteur lors du déploiement du matériel sensible et lors du rapatriement des procès-verbaux.
Jeunesse et recrutement : cap sur 2026
Plus de trois mille jeunes issus du contingent 2023 ont déjà rejoint les rangs. La vague A poursuit sa spécialisation, la B affine ses aptitudes, la C découvre la formation commune de base. Les profils génie et musique renforceront respectivement les infrastructures et la cohésion symbolique.
Cette dynamique de recrutement, encadrée par des textes clairs, rassure également la société civile. « Une armée jeune et formée, c’est un gage d’efficacité plutôt qu’une présence dissuasive », estime le politologue Gérard Ngalounga. Pour lui, la visibilité des nouvelles recrues crée un climat pré-électoral apaisé.
Opération Zéro Kuluna, un signal pour la campagne
Lancée pour assainir les quartiers, l’opération Zéro Kuluna poursuit sa traque des bandes urbaines. Les commerçants de Makélékélé disent déjà observer une baisse des agressions nocturnes. Cette réappropriation de l’espace public devrait faciliter les meetings et les porte-à-porte des candidats.
Le général Okoï se félicite que les attentes présidentielles soient comblées. Pour beaucoup d’observateurs, la baisse des faits de délinquance offre à la population un signe tangible de l’effort sécuritaire. Un argument que le gouvernement pourrait mettre en avant durant la campagne officielle.
À retenir
Les forces armées, la police et la gendarmerie réaffirment leur loyauté au chef de l’État ainsi qu’à la Constitution. La planification sécuritaire a déjà commencé, les jeunes recrues sont opérationnelles et l’opération Zéro Kuluna réduit la criminalité : trois messages clés avant l’ouverture du calendrier électoral.
Que faire concrètement ?
Pour les électeurs, le moment est venu de vérifier leur inscription sur les listes révisées. Ceux de la diaspora doivent se rapprocher des consulats afin d’obtenir les pièces d’identité à jour. En parallèle, partis et associations peuvent désormais solliciter auprès des préfectures des réunions d’information sécurisées.
Les experts recommandent de consulter régulièrement les communiqués du ministère de l’Intérieur, publiés aussi en version audio pour les malvoyants. Un guide pratique de vote, enrichi de pictogrammes, sera diffusé sur les réseaux sociaux officiels dès février, selon une source à la Commission nationale électorale.
FAQ : sécurité et vote 2026
Qui protégera les bureaux ruraux ? Les forces armées seront en appui, mais la gendarmerie restera l’interlocuteur principal. Les observateurs internationaux pourront-ils circuler librement ? Oui, sur accréditation délivrée par la diplomatie congolaise. Le couvre-feu sera-t-il maintenu ? Aucun dispositif de ce type n’est prévu.
Que faire en cas d’incident ? Les plates-formes de signalement par SMS testées lors des législatives 2022 seront réactivées. Les citoyens pourront ainsi envoyer la localisation et une description brève, avant qu’une patrouille mixte n’intervienne. Cette procédure est jugée rapide et transparente par les ONG partenaires.
Infographie : la chaîne sécuritaire du scrutin
Notre rédaction publie cette semaine une infographie interactive détaillant le parcours d’un bulletin, du dépôt dans l’urne jusqu’à la centralisation, en passant par l’escorte militaire. Les lecteurs y trouveront des chiffres clés : 4 000 gendarmes mobilisés, 1 500 véhicules, 75 dépôts régionaux de matériel.
Une carte dynamique montre également les zones à enjeux sécuritaires identifiées par l’état-major. Les internautes pourront zoomer sur leur district, comparer avec les données de participation de 2021 et anticiper leurs déplacements le jour J. L’outil sera mis à jour jusqu’au premier tour.
Regards d’experts
Pour Marie-Thérèse Nzaba, enseignante en droit public, cette préparation traduit la volonté du pouvoir d’« assurer une élection incontestable ». Elle nuance toutefois : la transparence sera jugée sur les faits le moment venu. Le Centre d’analyse électorale recommande déjà d’inclure la société civile dans les cellules de crise.
L’opposant modéré Jean-Claude Mabiala se dit prêt à concourir « dans un cadre sécurisé et pacifique », tout en appelant ses sympathisants à éviter les provocations. Ce ton constructif, inédit en début de cycle électoral, témoigne selon plusieurs analystes d’un climat globalement maîtrisé.
Perspective 2026
À trois mois de l’échéance, la sécurité apparaît comme une variable décisive de la participation. Les promesses de l’état-major, soutenues par le chef de l’État, nourrissent l’idée d’un rendez-vous historique où chaque voix pourra s’exprimer sans crainte. Reste aux citoyens à saisir cette opportunité.


