Ce qu’il faut savoir sur l’alerte du Capged
Brazzaville, 15 janvier (ACI). Le Consortium des associations pour la promotion de la gouvernance démocratique (Capged) dit suivre avec préoccupation des déclarations attribuées au directeur général de la Sécurité présidentielle (Dgsp), le général Serge Oboa, à l’approche de la présidentielle 2026 au Congo-Brazzaville.
Dans une note rendue publique le 15 janvier à Brazzaville, l’organisation estime que ces propos, relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux, sont perçus comme des menaces contre les libertés publiques. Elle demande que le cadre légal soit rappelé, pour un climat électoral apaisé.
Déclarations controversées: la question des compétences légales
Le Capged affirme que les propos rapportés s’apparentent, selon lui, à une usurpation de compétences dévolues au ministre de l’Intérieur et au procureur de la République. L’organisation insiste sur la nécessité d’une chaîne de commandement claire, surtout dans une période préélectorale.
Pour le consortium, le cœur du problème est institutionnel: qui peut autoriser, encadrer ou interdire une manifestation publique, et sur quelle base. En filigrane, il appelle à une communication plus cadrée des responsables, afin d’éviter les interprétations anxiogènes.
Manifestations et espace civique: éviter l’escalade
Le Capged reproche au directeur général de la Dgsp de s’être arrogé le pouvoir d’interdire toute manifestation et toute expression citoyenne, en évoquant des sanctions sévères contre les contrevenants. Le consortium estime qu’une telle posture risque d’alimenter un climat de peur.
Dans le contexte de la présidentielle 2026, l’enjeu est aussi pratique: des messages trop durs, même s’ils visent la prévention, peuvent être compris comme une restriction générale de l’espace civique. Le Capged demande une approche centrée sur la loi, la proportionnalité et la protection.
Contexte sécuritaire: l’opération « Bébés Noirs » en toile de fond
Le Capged situe ces déclarations dans un contexte sécuritaire qu’il juge déjà sensible, marqué par l’opération de lutte contre le grand banditisme dite « Bébés Noirs ». Des organisations de défense des droits humains, rappelle-t-il, ont dénoncé des pratiques jugées brutales et attentatoires aux libertés fondamentales.
Sans nier les impératifs d’ordre public, le consortium souligne qu’une élection présidentielle gagne en crédibilité quand la sécurité est perçue comme protectrice, et non intimidante. Pour les autorités, l’équilibre entre fermeté contre la criminalité et respect des libertés reste un marqueur.
Présidentielle 2026: l’État de droit comme boussole
Pour le consortium, la sortie médiatique d’un haut responsable de la Sécurité présidentielle traduirait une dérive autoritaire incompatible avec les principes de l’État de droit. Le Capged met en avant l’idée que la sécurité, pour être efficace, doit rester lisible et strictement encadrée par la norme.
Dans l’esprit des institutions, une campagne apaisée suppose des règles stables, comprises par tous, et une application prévisible. À ce titre, le Capged pousse un message de prévention: clarifier tôt les responsabilités et éviter les signaux contradictoires dans l’appareil d’État.
Textes de référence: Constitution et engagements internationaux
Le Capged rappelle que le droit de manifester pacifiquement est garanti par la Constitution congolaise et par des instruments internationaux ratifiés par le Congo, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. L’organisation insiste sur une mission d’encadrement et de protection des citoyens.
Le consortium se réfère aussi à l’article 205 de la Constitution du 25 octobre 2015, présenté comme consacrant le caractère apolitique de la Force publique. Celle-ci, placée sous l’autorité civile, est tenue d’agir dans le respect de la loi et de l’intérêt général.
Obligation de réserve et période préélectorale
Le Capged rappelle que le directeur général de la Dgsp, haut responsable militaire chargé de la protection rapprochée du Chef de l’État, est soumis à une obligation de réserve. L’organisation estime que cette exigence est d’autant plus sensible que le Président de la République est pressenti candidat.
Dans une présidentielle très scrutée, la perception compte presque autant que les textes. Une parole institutionnelle mesurée, selon le Capged, réduit les risques de tensions et permet aux autres acteurs, partis et société civile, de se projeter dans un processus jugé plus serein.
Ce que demande le Capged aux autorités
Le consortium appelle le Chef de l’État à rappeler les forces de sécurité à leur mission strictement républicaine et apolitique. Dans son message, il ne conteste pas le besoin de maintien de l’ordre, mais demande que celui-ci s’exerce dans un cadre clair, conforme aux principes constitutionnels.
Le Capged invite aussi le ministre de l’Intérieur à assumer pleinement ses prérogatives, en garantissant l’organisation d’élections libres, transparentes et apaisées. Il exhorte enfin les partenaires techniques et financiers à veiller au respect des engagements internationaux du Congo.
À retenir pour les électeurs et les acteurs du scrutin
À l’approche de la présidentielle 2026, le Capged met sur la table une question centrale: comment concilier sécurité, libertés publiques et confiance dans le processus. Le consortium demande une clarification des compétences et une communication institutionnelle qui rassure.
Pour les autorités, l’enjeu est de maintenir l’ordre public tout en affichant une neutralité républicaine des forces, conformément à la Constitution. Pour les citoyens et les partis, l’objectif est de connaître les règles et de privilégier les voies légales.
Que faire concrètement ? Repères pratiques avant 2026
Le Capged insiste sur le respect de la loi comme règle commune. Pour les organisations citoyennes et les partis, cela signifie s’assurer que toute manifestation envisagée s’inscrit dans les procédures prévues et privilégier un dialogue formel avec les autorités administratives compétentes.
Pour les institutions, la demande est celle d’une lisibilité: préciser les acteurs habilités à prendre des décisions, rappeler les textes applicables, et éviter les déclarations pouvant être comprises comme des interdictions générales. Une campagne apaisée se prépare aussi par la pédagogie.
FAQ: ce que l’on peut dire à ce stade
Que reproche exactement le Capged? Il affirme que des propos attribués au directeur général de la Dgsp ressemblent à une interdiction de manifester et à une menace de sanctions, au-delà des compétences que le consortium estime dévolues à d’autres autorités (ACI).
Quels textes sont cités? Le Capged invoque la Constitution congolaise, l’article 205 de la Constitution du 25 octobre 2015, et des engagements internationaux ratifiés par le Congo, dont le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ACI).
Que demande le consortium? Il appelle le Chef de l’État à rappeler les forces à un rôle républicain et apolitique, invite le ministre de l’Intérieur à garantir des élections apaisées, et interpelle les partenaires techniques et financiers sur les engagements internationaux (ACI).
Infographie: acteurs et leviers cités dans la note
Date et lieu: 15 janvier, Brazzaville. Auteur: Capged. Personne citée: général Serge Oboa, directeur général de la Sécurité présidentielle. Institutions évoquées: ministère de l’Intérieur, procureur de la République, Force publique, Présidence.
Textes et principes mis en avant: Constitution congolaise, article 205 de la Constitution du 25 octobre 2015, Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Objectif affiché par le Capged: préserver un cadre électoral apaisé, fondé sur la loi (ACI).


