Ce qu’il faut savoir avant la présidentielle 2026
À quelques mois de la présidentielle de 2026 au Congo-Brazzaville, le président Denis Sassou N’Guesso a mis en avant un exercice de redevabilité publique sur le mandat 2021-2026. Le support principal est un ouvrage officiel, « En toute transparence : 2021-2026, le bilan du quinquennat ».
Le livre a été présenté au public le 20 décembre, lors de « La Quinzaine du gouvernement », par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso. Dans le contexte électoral qui s’annonce, la démarche se veut à la fois pédagogique et politique : documenter l’action publique pour encadrer la discussion nationale.
Redevabilité : un livre pour objectiver le débat
Préfacé par le chef de l’État, l’ouvrage revendique une logique de gouvernance ouverte et d’échanges avec les citoyens. Denis Sassou N’Guesso y écrit : « Comme j’ai promis, c’est en toute transparence que je rends compte au peuple congolais… »
En pratique, le choix d’un document unique permet au gouvernement de proposer un référentiel commun. Pour les électeurs, la question devient simple : comparer des engagements, des réformes et des chiffres présentés, puis juger leur cohérence avec les priorités de 2026.
Cap politique : stabilité et Plan national de développement
Réélu en 2021 sur le projet de société « Ensemble, poursuivons la marche », Denis Sassou N’Guesso a inscrit l’action gouvernementale dans la continuité du Plan national de développement (PND) 2022-2026. Ce cadre sert de boussole, avec le triptyque Paix – Stabilité – Développement.
Le bilan présenté annonce douze chantiers prioritaires couvrant des dimensions économiques, sociales, institutionnelles et environnementales. L’approche met l’accent sur la transformation structurelle, tout en cherchant à consolider des équilibres macroéconomiques jugés nécessaires à la durée.
Réformes économiques : discipline budgétaire et confiance
Le quinquennat est raconté sur fond de contexte international difficile, entre crise sanitaire, tensions énergétiques et inflation mondiale. Selon le livre et les rappels du Premier ministre, l’exécutif met au cœur de son action la discipline budgétaire et l’amélioration de la gouvernance financière.
L’idée défendue est que la restauration de la confiance des partenaires techniques et financiers facilite, ensuite, la reprise des investissements publics. Le gouvernement relie aussi ces réformes à une amélioration du climat des affaires, présentée comme une condition d’attractivité pour les capitaux privés.
Électricité au Congo : des chiffres au centre du bilan
Le secteur énergétique ressort comme l’un des marqueurs les plus concrets. Anatole Collinet Makosso a indiqué un objectif de 1 500 MW de capacité électrique à l’horizon 2030, dans le cadre du Pacte national énergétique.
Entre 2021 et 2025, le taux d’accès à l’électricité serait passé de 49 % à 59 %, avec 75 % en zone urbaine et 25 % en zone rurale, selon les données communiquées. Pour la campagne de 2026, ces écarts urbain-rural devraient rester un indicateur très observé.
Routes Pointe-Noire–Brazzaville : intégration et logistique
Les infrastructures routières sont également valorisées, notamment sur l’axe Pointe-Noire–Brazzaville. Le bilan évoque près de 30 kilomètres en construction ou en réhabilitation, avec l’objectif d’améliorer la circulation des personnes et des marchandises.
Sur le plan électoral, ce type de chantier pèse souvent dans les attentes locales : gains de temps, sécurité, commerce. Le gouvernement présente ces projets comme un appui à la compétitivité, en particulier pour le commerce, l’agriculture et la logistique.
Emploi des jeunes : signaux, attentes, méthode
Sur le volet social, les autorités mettent en avant une baisse du chômage des jeunes, estimé à 19 %, et une diminution du taux global, autour de 40 %, selon les chiffres communiqués par le gouvernement. Ces indicateurs seront probablement discutés pendant la séquence 2026.
Le bilan associe ces résultats à une stratégie centrée sur la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et l’appui à des filières dites porteuses, comme l’agro-industrie, le numérique et les zones économiques spéciales. L’enjeu sera d’en mesurer l’impact au quotidien.
Santé et protection sociale : modernisation des services
Le livre insiste sur des investissements dans les secteurs sociaux : modernisation d’infrastructures sanitaires, renforcement progressif de la couverture sociale, amélioration de l’accès à des services essentiels. Le discours officiel lie ces politiques à la réduction d’inégalités territoriales.
Dans une présidentielle, la santé et la protection sociale jouent souvent un rôle de baromètre. Ici, l’exécutif présente ces actions comme une redistribution des fruits de la croissance et un investissement dans le capital humain, jugé déterminant pour le développement durable.
Stabilité institutionnelle : un argument d’attractivité
Le bilan met aussi en avant la stabilité politique du Congo-Brazzaville durant le quinquennat. Des analystes étrangers cités y voient un facteur favorable à l’investissement. Un économiste senior souligne que « la continuité politique et la prévisibilité institutionnelle… constituent un avantage compétitif rare ».
Une consultante internationale évoque, elle, « des signaux de confiance importants auprès des bailleurs et des investisseurs », attribués à la combinaison réformes macroéconomiques, investissements publics structurants et diplomatie active. Pour 2026, cet argument vise à rassurer autant qu’à convaincre.
Diplomatie verte : le Bassin du Congo comme levier
La diplomatie environnementale est présentée comme un marqueur du mandat 2021-2026. Le Congo-Brazzaville met en avant la protection du Bassin du Congo, décrit comme un pilier de sa stratégie internationale, avec une articulation diplomatique, économique et financière.
Cette dynamique est portée sur la scène internationale par Françoise Joly, conseillère stratégique et représentante personnelle du chef de l’État sur les questions climat-forêts. Le texte cite son rôle dans la mobilisation de partenaires, notamment lors des COP et du Sommet des Trois Bassins.
Financements climat : visibilité et partenariats
Parmi les résultats évoqués figurent la consolidation d’engagements internationaux sur la conservation des forêts, la promotion de projets de reforestation et de gestion durable, ainsi que le renforcement de partenariats avec des institutions multilatérales et des États partenaires.
Le bilan affirme que cette diplomatie climatique a permis au pays de capter de nouveaux financements environnementaux et d’améliorer sa visibilité. Dans la campagne 2026, ce sujet peut devenir un point de comparaison entre promesses de transition et besoins immédiats des ménages.
Un outil pédagogique : chiffres, fiches et graphiques
Structuré autour de quinze fiches thématiques, illustrées de graphiques et d’indicateurs, l’ouvrage se veut accessible au grand public. Lors de « La Quinzaine du gouvernement », Anatole Collinet Makosso a souvent renvoyé au document : « La réponse est dans le livre ».
Dans un débat électoral souvent dominé par les formules, l’existence d’un support chiffré peut imposer un cadre. Reste que la réception dépendra de la capacité des acteurs politiques et de la société civile à discuter les priorités, au-delà de la communication.
Que faire concrètement ? Lire, comparer, questionner en 2026
Pour les électeurs, l’usage le plus simple consiste à relever les indicateurs mis en avant, puis à les confronter à la réalité de leur quartier, de leur village ou de leur secteur professionnel. L’électricité, les routes, l’emploi et la santé offrent des repères concrets.
Pour les partis, les médias et les observateurs, le document fournit une base de comparaison : cohérence entre objectifs, moyens et résultats annoncés. À mesure que 2026 approche, les attentes porteront aussi sur la suite : le « Pacte pour le futur du Congo » mis en perspective par l’exécutif.
FAQ présidentielle 2026 : à quoi sert ce bilan ?
Ce bilan est-il un programme de campagne ? Le texte le présente d’abord comme un compte rendu du mandat 2021-2026, mais il sert aussi de socle narratif pour défendre une trajectoire et préparer la discussion sur les orientations à venir.
Pourquoi ce format compte-t-il pour 2026 ? Parce qu’un ouvrage thématique, chiffré et revendiqué « en toute transparence » fixe un langage commun. Il peut aider à poser des questions précises aux responsables et à comparer les priorités entre acteurs politiques.
Quel message politique principal ressort ? La majorité insiste sur la stabilité, la planification via le PND 2022-2026, et des résultats sectoriels jugés mesurables, tout en ouvrant la séquence suivante avec le « Pacte pour le futur du Congo », présenté comme une nouvelle étape.


