Ce qu’il faut savoir
À deux ans du scrutin présidentiel, le PCT vient de trancher : Pierre Moussa reste secrétaire général jusqu’en 2030. La décision, tombée à l’aube du 1ᵉʳ janvier 2026, conforte la continuité de la majorité et clarifie le paysage partisan avant l’ouverture officielle du calendrier électoral.
Reconduction de Pierre Moussa, signal d’unité
Âgé de 84 ans, l’ancien ministre du Plan a obtenu la confiance des délégués après une nuit de débats serrés dans les Jardins Ben’tsi. Son bilan d’apaisement interne, salué par plusieurs cadres, a fait pencher la balance en faveur de la stabilité organisationnelle (archives du PCT).
Pour la direction, maintenir un vétéran fidèle au président Denis Sassou Nguesso garantit la cohésion requise pour affronter la bataille de 2026, lorsque la majorité présentera son candidat à la magistrature suprême.
Calendrier interne et impératif constitutionnel 2026
La Constitution impose la convocation du corps électoral au plus tard quatre-vingt-dix jours avant la fin du mandat présidentiel. En coulisse, le secrétariat du PCT s’affaire déjà à affiner sa feuille de route : révision des listes, formation des scrutateurs et contrôle des parrainages.
Le congrès a validé un chronogramme interne débutant en mars 2026 avec des séminaires régionaux, puis une convention d’investiture courant juillet. L’objectif affiché est d’arriver à la campagne avec un appareil rôdé et un message unifié.
Les coulisses d’un vote marathon
Officiellement clôturé le 30 décembre, le congrès a joué les prolongations sous la pression des différentes sensibilités. Les délégués ont passé la Saint-Sylvestre à débattre des profils, avant de voter à bulletins secrets peu après 3 h du matin.
Selon plusieurs congressistes, la direction a privilégié le consensus. « Nous voulions éviter des éclats susceptibles de fragiliser la campagne présidentielle », confie un élu du Plateau. Résultat : 82 % des suffrages pour Moussa, un score jugé confortable.
Atouts d’un vétéran au service de la majorité
Depuis 1978, Pierre Moussa a traversé toutes les étapes de la vie institutionnelle congolaise. Son carnet d’adresses sous-régional, bâti à la CEMAC, reste un atout dans la mobilisation des soutiens financiers et diplomatiques utiles à une campagne moderne.
Son profil rassure aussi les partenaires internationaux soucieux de prévisibilité. « La continuité est un gage de sérénité macroéconomique avant 2026 », souligne un analyste basé à Libreville. Brazzaville mise sur cet argument pour consolider la confiance des investisseurs.
Décryptage : impacts sur la présidentielle
La reconduction ferme la porte aux rumeurs de scission au sein du PCT. En l’absence de fracture, l’opposition devra composer avec un bloc dominant, déjà fort de 90 sièges sur 151 à l’Assemblée nationale.
Elle offre aussi plus de temps au chef de la majorité pour désigner son porte-étendard. Certains militants évoquent la possibilité d’un « ticket générationnel », Moussa tenant la barre organisationnelle pendant qu’un profil plus jeune portera le projet présidentiel.
À retenir
Le PCT sort soudé, un leader confirmé et un calendrier clair. Cette configuration réduit le risque d’impasse institutionnelle et place la majorité en position favorable pour aborder la phase décisive de la présidentielle.
Que faire concrètement ?
Électeurs, vérifiez dès maintenant votre inscription sur les listes révisées en janvier. Associations, sollicitez les formations civiques annoncées par le ministère de l’Intérieur. Militants, préparez vos procurations avant la fermeture du guichet unique prévue fin mai 2026.
FAQ
Q : Le congrès est-il suffisant pour investir le candidat PCT ? R : Non. La convention d’investiture validera officiellement le nom du prétendant au plus tard soixante jours avant l’ouverture de la campagne.
Q : Moussa peut-il briguer la présidence ? R : À ce stade, il dément toute ambition personnelle et affirme vouloir « accompagner la nouvelle génération ».
Q : La diaspora votera-t-elle ? R : La CÉNI étudie la faisabilité technique d’un vote pilote dans cinq ambassades, décision attendue en avril 2026.
Infographie : chronologie de carrière
1978 : secrétaire d’État au Plan. 1987 : ministre du Plan et des Finances. 2012-2017 : président de la commission CEMAC. 2019 : premier mandat SG du PCT. 2026 : reconduction. Cette trajectoire dessine un fil rouge de loyauté et d’expérience mis à profit pour l’échéance 2026.


